Glencore a dû injecter 215 millions de dollars US dans l’usine du Nord en 2018, LNC 01.03.2019

nickel. Une ligne du rapport sur les résultats préliminaires 2018 de Glencore impressionne : le géant suisse des mines et du négoce a apporté plus de 22 milliards de francs à Koniambo Nickel l’an passé afin de faire « tourner » l’usine et couvrir les pertes.
La progression est notable. Et pour cause. D’après le rapport de l’actionnaire Glencore tout juste publié, KNS a produit l’an passé 28 300 tonnes de nickel métal dans des ferronickels, soit un bond de 62 % par rapport à 2017, exercice à l’issue duquel 17 500 tonnes avaient été livrées, mais avec un seul four. Fini les déboires techniques dans ce cœur de l’usine du Nord. Cette fois, l’exploitation s’est appuyée sur deux lignes tout au long de l’année passée, rappelle le géant suisse du négoce et des mines. Néanmoins, le curseur était placé au départ sur un objectif de rendement de 35 000 tonnes environ, puis de 30 000, en 2018. Un petit delta est ainsi noté. La mine du Koniambo est en pleine montée en puissance, avec des recrutements et l’arrivée de nouveaux engins il y a quelques mois. « Les travaux en cours à l’usine devraient permettre une expansion progressive de la capacité, l’objectif étant d’atteindre sa pleine capacité d’ici 2021-2022 », commente Glencore, dans le rapport sur les résultats préliminaires annuels. Par pleine capacité, il faut entendre 50 000 à 55 000 tonnes de nickel métal par an.

Impérieuse maîtrise des coûts

Dans le document rédigé à Baar, en Suisse, fin février, un chiffre accroche l’œil. En fait, le colosse du négoce a dû injecter 215 millions de dollars US, ou 22 milliards de francs, dans KNS en 2018. Et ce, afin de faire « tourner » le complexe métallurgique. Cette somme a ainsi permis d’assurer le paiement de la facture d’énergie – un poste très lourd -, mais aussi des salaires, de la sous-traitance… Les revenus nets inhérents à la vente de ferronickels sont aussi intégrés dans ce calcul. Bref, ces 215 millions de dollars US correspondent au besoin en cash, notamment pour couvrir les pertes. Le déficit 2018 n’est pas précisé dans le rapport, est probablement inférieur mais pas si éloigné de ces 21 ou 22 milliards de francs.

Koniambo Nickel poursuit sa montée en régime et accuse un coût de production élevé. Qui nécessite, au final, un soutien financier de Glencore. La maîtrise des coûts est, inévitablement, un des leitmotivs du site industriel en développement, surtout sur un marché bouleversé par les producteurs low cost.

Cette démarche du géant suisse, actionnaire à hauteur de 49 % et financeur à 98 %, rappelle une intervention au montant assez proche. La compagnie pilotée par Ivan Glasenberg avait apporté, en 2017, 241 millions de dollars US – soit près de 24 milliards de francs à l’époque – à l’usine de Koniambo. Dont près de 60 millions pour la reconstruction du four N° 2.

Moins de charbon : Glencore s’engage
Actionnaire de Koniambo Nickel à hauteur de 49 %, le géant Glencore a vu fondre de 41 % son bénéfice net l’an passé, à 3,41 milliards de dollars US après déduction d’amortissements à hauteur de 1,4 milliard sur deux sites d’extraction de cuivre en Afrique, selon le site Zonebourse. « La multinationale zougoise revendique néanmoins un exercice 2018 record en termes d’excédent d’exploitation ».

Désireux de profiter de la transition vers une économie moins dispendieuse en dioxyde de carbone, toujours d’après le site spécialisé

Zonebourse, Glencore « entend plafonner au cours des trois prochaines années sa production de charbon – représentant un tiers de l’excédent d’exploitation de ses activités minières – à environ 145 millions de tonnes, soit 10 % au-dessus de son niveau de 2018 ».

Et ce, avant de prévoir une réduction des volumes à l’horizon 2022-2023. En revanche, une hausse significative de la production de cobalt et de zinc d’ici 2021 est prévue.

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