« Il faut que l’État nous prête 200 milliards », « cafat / régime » LNC 25.03.2019

ENTRETIEN AVEC Alain Descombels, tête de liste Rassemblement national

« Marine Le Pen et moi n’avons pas un discours différent, nous avons un discours adapté à la zone géographique dans laquelle on vit », note Alain Descombels.
Face à une « situation économique dramatique » , Alain Descombels, tête de liste du Rassemblement national en province Sud, propose un traitement de choc pour relancer l’activité, une sorte de Plan Marshall avec le concours de l’Etat français sous forme d’un prêt massif. Les Nouvelles calédoniennes : Faut-il, selon vous, repousser progressivement l’âge légal de départ à la retraite de 60 à 62 ans dans le privé ?

Ma perception est complètement économique. La situation des comptes sociaux et des dépenses publiques fait qu’aujourd’hui, on a atteint des volumes colossaux sur le plan de la masse salariale : 20 % du produit intérieur brut, contre 14 % en France – et on cherche à le réduire. Toutes les erreurs de gestion du passé vont nous amener à faire des économies substantielles. Comment ? Notamment en supprimant tous les emplois de complaisance dans l’administration, liés à la politique des élus.

Bref, je ne suis pas pour que l’on aille à cet âge de la retraite, 62 ans, mais, en même temps, je ne vois pas comment on peut faire autrement.

Lors de votre campagne des législatives 2017, vous annonciez avoir un plan pour créer 2 000 emplois en trois ans. Estce toujours d’actualité ?

Oui, plus que jamais. Tout d’abord, et je l’avais dit, si on rembourse la totalité des taxes sur stocks [dans le cadre du passage à la TGC, NDLR] – il nous manque 5,5 milliards de francs environ –, on pourrait tout de suite les injecter dans l’économie, pour créer notamment de l’emploi. Il faut s’orienter vers une gestion différente.

Il faut que l’État français, sur deux années, 2019 et 2020, vienne nous prêter 200 milliards de francs et, en contrepartie, nous leur proposons un plan de réduction de nos dépenses. Si on n’injecte pas très rapidement de l’argent pour relancer les entreprises, notamment dans le BTP, on va vers une rupture. Et un risque de tensions.

Mais, au-delà du débat politique local, l’État doit accepter cet effort financier important…

Bien sûr, il n’est pas obligé de le faire, mais cela relève d’une volonté politique. Si on veut la paix, il faut que l’État trouve les solutions. Pour éviter que l’économie ne s’écroule, il n’a pas eu de problème pour prêter de l’argent aux usines métallurgiques en Calédonie.

Marine Le Pen, présidente du RN, tient un discours protectionniste, anti-Union européenne. Or, on vous connaît pour vos positions libérales. N’est-ce pas antinomique ?

Non. D’ailleurs elle le dira dans une vidéo qu’elle est en train de préparer. Elle, comme moi, ne sommes pas contre la production locale. Nous sommes contre la production locale que j’appelle « arnaque économique ». C’est-à-dire celle qui propose un produit local qui coûte 100 à 300 % plus cher que le produit importé. Notre souci est : si l’on met tout à plat, l’industrie locale crée-telle de la richesse et des emplois, ou grève-t-elle le budget des Calédoniens ? Marine Le Pen le dit, tout ne doit pas être avalé sous prétexte que c’est de la fabrication locale. Il faut tout contrôler, analyser, pour voir ce qui peut être défendu.

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