« Eramet fait du chantage à la fermeture de l’usine », LNC 13.04.2019

Échaudé par les propos de Christel Bories, l’Usoenc s’en est violemment pris à l’actionnaire majoritaire de la SLN et à son plan de sauvetage.

Pierre Tuiteala, responsable du Soenc Nickel (au centre) et Milo Poaniewa (à d.), secrétaire général de l’Usoenc réclament une réaction des élus « avant les élections ».
«On nous met le couteau sous la gorge, on ne peut pas l’accepter. » Milo Poaniewa, secrétaire général de l’Usoenc, s’est insurgé hier contre le plan de sauvetage de la SLN avancé par l’actionnaire principal, le groupe Eramet, l’accusant de réclamer de gros efforts « aux salariés et aux Calédoniens » tout en négligeant ses propres obligations.

L’un des trois « piliers » du plan concerne l’augmentation du temps de travail sur mines, via des accords que le premier syndicat du pays a signés – comme la plupart des syndicats de la SLN. Un autre touche à l’exportation du minerai, une option approuvée à la condition d’y « appliquer la redevance nickel » , soit 1 % du prix de vente. Le dernier pilier, la diminution du prix de vente de l’électricité à la SLN, est jugé carrément inacceptable. « Ça veut dire augmenter la facture des Calédoniens pour compenser, c’est hors de question » , tonne Pierre Tuiteala, responsable du Soenc Nickel. Au temps de l’abondance, « ils [Eramet, NDLR] avaient l’argent pour construire la nouvelle centrale, ils ne l’ont pas

fait. » Le plan d’Eramet avait été annoncé en février. Le vase était alors bien plein, les derniers propos de Christel Bories, la PDG, l’ont fait déborder. « Le temps est compté […]. Il faut qu’à la mi-année, nous sachions si le plan de sauvetage va ou ne va pas marcher » , a-t-elle lancé la semaine dernière.

LA MÈRE BORIES, ELLE EST BIEN GENTILLE

« Eramet fait un chantage à la fermeture de l’usine de Doniambo » , hurle l’Usoenc, qui craint l’annonce de l’arrêt d’un des trois fours Demag « après les élections provinciales » du 12 mai, et s’étrangle de « l’absence de réaction des responsables politiques » . Une SLN non plus métallurgiste mais seulement minière, c’est niet. « La mère Bories, elle est bien gentille, mais elle a exploité le minerai pendant des années. Eramet a grandi avec le minerai calédonien. C’est quoi le retour pour les Calédoniens, à part polluer Nouméa et les communes minières ? » , tempête Pierre Tuiteala. Les dirigeants du syndicat enragent de l’ « absence d’investissement » à Doniambo – « l’usine est dépassée » , un four est « percé » , « les camions sont des poubelles » – alors qu’Eramet investit « 17 milliards » à Weda Bay, en Indonésie. « Les fondamentaux du plan de redressement ne suffiront pas à la pérennité de la SLN d’ici 2023. » L’Usoenc avance son propre plan à trois piliers, qui commence par la construction de la nouvelle centrale électrique « dès 2021 » . Il se poursuit par le redémarrage de l’atelier Bessemer, dont la fermeture, en 2016, avait été une « erreur stratégique » ; il est question de « relancer les productions de matte » et de « rechercher un partenaire raffineur » pour « valoriser le cobalt » . Troisième chapitre : « investir pour remettre Doniambo aux normes sociales et environnementales ».

« Les gens sont sous pression » , constate Milo Poaniewa, qui, sans s’avancer sur la cause, indique que dernièrement, « un salarié s’est suicidé » .

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