Dépistage de la dengue : une stratégie en deux temps, « Cafat / santé » LNC 18.04.2019

La dengue, transmise par le moustique Aedes aegyptis, est une maladie à déclaration obligatoire.
Alors que 2 450 cas de l’arbovirose ont été enregistrés depuis le 1er janvier, l’épidémie connaît « une augmentation, sans explosion » . Depuis le 11 mars, les tests de dépistage ne sont plus remboursés. La Direction des affaires sanitaires et sociales explique pourquoi.

«En période épidémique, dès que le laboratoire est saturé, la prise en charge du test est suspendue et réservée aux cas particuliers (femmes enceintes, voyageurs,…). En effet, il n’est pas nécessaire de faire des tests systématiques pour faire le diagnostic en période épidémique, ce qui représenterait un coût très important, alors que les tests réalisés sont positifs dans plus de 50 % ou 60 % des cas. Les symptômes cliniques comme la fièvre accompagnée de douleurs articulaires, associés si besoin à une analyse sanguine pour surveiller le nombre de plaquettes ou les enzymes hépatiques, permettent d’établir un diagnostic de dengue », explique le Dr Jean-Paul Grangeon, directeur adjoint de la Dass. Le coût du test de

la dengue, 9 000 francs, s’il est réalisé, est réglé par le patient et est non remboursable. La prise de sang permettant de vérifier les plaquettes sanguines et d’éventuelles atteintes hépatiques est quant à elle remboursée pour tous les patients.

RÉSEAU DE MÉDECINS SENTINELLES

Il demeure cependant nécessaire de surveiller l’évolution de l’épidémie et la circulation d’autres virus comme la grippe ou d’autres arbovirus qui auraient pu être introduits et dont les symptômes sont très proches de ceux de la dengue. « Nous disposons donc d’un réseau de 25 médecins sentinelles répartis sur tout le territoire. Les tests diagnostiques de leurs patients continuent à être pris en charge », explique le Dr Grangeon. Quelques cas spécifiques comme les voyageurs de retour d’un pays à risque, les femmes enceintes, les enfants de moins de 2 ans, les personnes hospitalisées ou les cas présentant des signes de gravité viennent s’y ajouter.

Cependant, qu’il y ait, ou non, une demande de confirmation biologique de la dengue, le médecin a obligation de faire une déclaration de tous les cas qu’il suit aux autorités sanitaires. « Ce sont ces déclarations qui vont permettre de déclencher l’action des pouvoirs publics en ce qui concerne la lutte anti-vectorielle », précise le Dr Grangeon.

NÉCESSAIRE LUTTE ANTI VECTORIELLE

Cette lutte comporte, notamment, un épandage dans un rayon de cent mètres autour du domicile de la personne malade, ce qui correspond au rayon d’action de l’Aedes aegypti,

le vecteur de la dengue. Cela afin d’éviter qu’un moustique porteur de l’arbovirus n’infecte d’autres personnes qui contamineront ensuite d’autres moustiques. S’y ajoutent la recherche et la destruction des gîtes larvaires. De son côté, une équipe de la Dass fait tous les soirs du porte-à-porte chez les malades déclarés dans le Grand Nouméa pour apporter conseils et répulsifs cutanés, renforcée par des agents PPIC et des pompiers volontaires.

« C’est de cette façon, avec l’implication de tous, que nous avons, jusqu’à présent, contrôlé cette épidémie »,

insiste Jean-Paul Grangeon.

About the author

Leave a Reply