Les médiatrices de l’Asea-NC veulent davantage de considération et de respect, « cafat / usagers » LNS 23.03.2019

Païta. Les agents de l’Asea-NC ont mené une journée de grève, vendredi, pour évoquer leurs difficultés. Elles se livrent, avant leur rendez-vous à la Direction du travail.
Depuis quatre ans, ce sont des femmes de la commune, la plupart mères de famille, qui jouent les médiatrices dans les transports scolaires, à la cantine, à la garderie périscolaire et sur les parkings des établissements. Elles font également de la prévention sur l’espace public, au village. Employées par l’Association pour la sauvegarde de l’enfance, de l’adolescence et de l’adulte en Nouvelle-Calédonie (Asea-NC), missionnée par la ville, elles tirent la sonnette d’alarme.

« C’est un travail dangereux que l’on fait. Il faut que l’on nous respecte un peu plus, que l’on ait de la considération pour nous », explique Jeanette Hlupa, référente parking au collège Sainte-Marie. Avant tout, elle et ses collègues demandent la mise en place d’une prime de risque, face aux violences dont elles sont victimes.

Sur son parking, Jeanette se fait foncer dessus par des parents qui veulent stationner sur les arrêts de bus pour déposer ou récupérer leurs enfants. « A 17 heures, des fois, nous nous faisons insulter et caillasser », assure-t-elle. Agent dans les transports scolaires, primaire et maternelle, Audrey Perez-Gonzales raconte qu’une collègue s’est fait agresser, lundi dernier, à Bangou. Elle s’inquiète aussi de la sécurité des enfants « que l’on laisse à un arrêt de bus, quand les parents ne sont pas là ».

Des changements depuis la rentrée

Depuis la rentrée, les règles ont changé et les médiatrices n’ont « même plus le droit de faire traverser la route », déclare-t-elle. A l’écouter, les médiatrices n’auraient plus le droit de s’adresser ni aux chauffeurs de bus, ni aux personnels scolaires, ni aux parents. Concrètement, elles ne peuvent plus demander à un chauffeur de s’arrêter pour récupérer un enfant oublié ou pour qu’un élève en pleine crise d’asthme sorte reprendre son souffle. Elles n’ont plus le droit non plus d’aller chercher écoliers et collégiens à l’intérieur des établissements et doivent les attendre dehors. « Nous ne pouvons plus travailler comme ça (…) Il n’y a pas eu d’explications. c’est comme ça et point », déplore-t-elle.

Au service de garderie Arlette Naaoutchoue prévient « qu’il n’y a pas de matériel pour les enfants et pas assez d’agents pour les 158 enfants inscrits ».

Le plus violent, ce sont les agents de prévention sur l’espace public qui le vivent. Missionnée pour repérer les élèves qui sèchent les cours et disperser les ivresses publiques manifestes, Sofia Tuvine parle de « jeunes qui traînent avec des poignards ». Là encore, insultes, caillassages et bousculades sont courants. « Le plus dur, ce sont les soûlards. Dans ces cas-là, on nous dit juste de nous mettre à l’abri », poursuit Sofia. Précaires, ces femmes déclarent ne pas faire assez d’heures pour bénéficier du chômage, d’une retraite et encore moins d’une couverture sociale de la Cafat. Et doutent du décompte de leurs heures. Elles attendent beaucoup du rendez-vous prévu, cette semaine, à la Direction du travail et de l’emploi (DTE).

Repères

Réaction de Willy Gatuhau, le maire :

« C’est une situation qui lie les médiatrices à leur employeur, je ne m’y intéresse qu’à travers les marchés publics et les missions confiées à l’Asea-NC. Un audit a été réalisé et je suis en train de l’étudier.

« Depuis quatre ans, nous sommes très satisfaits de ces agents. Elles ont une grande connaissance de la commune et aident à désamorcer bien des situations. Je ne veux pas interférer avec la médiation ».

L’Asea-NC n’a pu être jointe

A l’heure de boucler notre édition, nous n’avons pas réussi à joindre Marc Pelofy, directeur général de l’Asea-NC.

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