« Les MNT, responsables de 70 % des décès » « Cafat / santé » LNC 09.05.2019

« Les MNT, responsables de 70 % des décès » « Cafat / santé » LNC 09.05.2019

La 3e édition du concours Wake up ! est lancée. Le but : impliquer les jeunes dans la lutte contre les maladies non transmissibles. Entretien avec Solène Bertrand-Protat, de la Communauté du Pacifique Sud.

Qu’est-ce que ce concours ?

Ce projet lancé en 2017 vise à mobiliser les jeunes autour des maladies non transmissibles, dites MNT. Les jeunes ont un sentiment de toute puissance. Ils ne font donc pas le lien entre leur comportement aujourd’hui et les conséquences sur leur santé plus tard.

Que sont les MNT ?

Il s’agit du diabète, des maladies cardiovasculaires, des cancers et des maladies chroniques respiratoires. Ces MNT sont responsables de 70 % des décès dans le Pacifique. Et les personnes en meurent assez jeunes.

Est-ce une spécificité locale ?

C’est une problématique mondiale. Avant, la plupart des gens décédaient de maladies dites infectieuses et maintenant de MNT, donc qui ne sont pas

transmises par un moustique, une bactérie ou un virus. La transition s’est opérée ces vingt dernières années.

Y compris dans le Pacifique ?

Ici, la prise en charge est parfois tardive et les complications arrivent rapidement. Autre problématique : il s’agit de petites îles avec de petites économies. Or, le coût de ces maladies est énorme pour les gouvernements. Et dépenser de l’argent pour soigner des maladies qui sont évitables, c’est un peu dommage.

D’où l’importance de la prévention et donc de ce concours…

Notre but est de travailler avant que les gens soient malades. Et de travailler sur les facteurs de risque des MNT qui sont toutes dues à une alimentation déséquilibrée, à un manque d’activité physique, à une consommation de tabac ou d’alcool. Ici, la consommation de boissons sucrées, notamment, entraîne du surpoids. 20 % des Calédoniens de 12 ans sont obèses. Et 64 % des adultes sont en surpoids ou obèses. Il faut donc prendre le problème de plus en plus tôt.

Mais les MNT ne sont pas au coeur des préoccupations des jeunes…

Ils ne se sentent pas du tout concernés, ce qui est plutôt logique. Mais ils peuvent avoir un rôle à jouer, notamment un rôle d’information auprès de leur communauté et pour euxmêmes. A travers Wake up ! on veut permettre aux jeunes de s’exprimer et de communiquer avec leur propre langage. Nous, on est trop vieux pour leur parler, on ne sait pas le faire. C’est vraiment compliqué d’être attractifs. L’idée c’est de les impliquer. C’est eux qui vont passer leur message et le diffuser. On lance donc un appel à projets où l’on demande aux jeunes de répondre par équipes de trois.

A qui s’adresse ce concours ?

Il est ouvert à tous les habitants du Pacifique Sud, de 18 à 30 ans. Soit les 22 pays et territoires.

Comment cela se déroule ?

Nous changeons de média à chaque fois. En 2017, il s’agissait de réaliser des vidéos, en 2018, c’était du graffiti. En bref, chaque année, une fois l’appel à projets terminé, on sélectionne les jeunes que l’on regroupe à Nouméa pour trois jours d’atelier. Ensuite, ils rentrent dans leur pays où ils sont accompagnés par des professionnels pour réaliser leur projet. L’an dernier par exemple, dans certains pays, c’était les premières fresques.

Où se trouvent-elles en Calédonie ?

Ici, on n’avait eu aucun candidat.

Cela prouve la diiculté d’attirer les jeunes…

Oui. Cette année, il s’agit de bande dessinée. On demande aux jeunes de nous envoyer un dessin afin de vérifier qu’ils ont quelques notions. Puis les sélectionnés découvriront comment réaliser une bande dessinée, du 27 au 29 août. Ce serait vraiment dommage de n’avoir aucune équipe calédonienne car il y a plein de jeunes qui font du dessin et plein d’illustrateurs professionnels ici.

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