De nouvelles ambitions pour développer l’emploi, « Cafat / régimes » LNC 15.05.2019

La Direction de l’économie, de la formation et de l’emploi de la province Sud (Defe) participe ce mercredi au salon Emploi, métiers et compétences organisé par Les Nouvelles calédoniennes à la Maison des artisans. Cet organisme assure, entre autres missions, le placement des demandeurs d’emploi.
Organisme central dans le dynamisme du marché du travail, la Direction de l’économie, de la formation et de l’emploi de la province Sud fait naturellement partie des trente-cinq exposants qui se tiennent à la disposition du public pour l’informer, aujourd’hui, de 9 heures à 18 heures, à la Maison des artisans. L’objectif : promouvoir les deux aspects de sa mission. Comme outil de placement auprès des demandeurs d’emploi, mais aussi comme acteur du développement économique, auprès des entreprises.

Ne pas simplement déplacer les guichets au salon, mais bien montrer toute l’étendue des services.

Porter les compétences
« Nous avons réorienté notre stratégie depuis 2015, explique Cinthia Morizot, directrice adjointe de la Defe. Auparavant, nous déplacions en quelque sorte le service emploi sur les salons, et l’on recevait les demandeurs d’emploi comme on le ferait à nos guichets. Mais d’une part ce sont des gens déjà connus de nos services, et d’autre part nous souhaitons maintenant davantage montrer aux entreprises et aux employeurs ce que notre direction peut leur apporter aussi ».

La Defe présentera sur le salon son dispositif Vivaldi, qui met en relation des jeunes recherchant un stage de fin de cursus et des entreprises. Côté employeurs, la formule permet de détecter des compétences – et de les éprouver pendant trois à six mois – avec une prise en charge de la province Sud des indemnités du stagiaire à hauteur de 50 % du SMG et des cotisations Cafat, durant toute la période de stage. Pour le jeune, en master, licence et jusqu’au doctorat, c’est une occasion de reprendre contact avec le marché local de l’emploi. De cinq étudiants en 2014, les stagiaires Vivaldi étaient trente-deux l’année dernière. Les équipes de la Defe présenteront également le programme triennal 2018-2020 de professionnalisation des acteurs du tourisme (PPAT), un dispositif qui s’adapte aux contraintes de disponibilité des professionnels du tourisme en matière de formation continue, homogénéise les pratiques, et qui se déclinera en quarante sessions sur toute la province Sud cette année. La Direction de l’économie, de la formation et de l’emploi expliquera les nouveautés de ce programme, notamment un format « Cafés du tourisme » et des nouveaux modules de perfectionnement.

Services de proximité
« On n’oublie pas bien sûr nos demandeurs d’emploi », poursuit Cinthia Morizot. La Defe s’inscrit à son tour dans une démarche de dématérialisation de ses services et présentera son portail Mon espace emploi, anciennement Odeweb. Cette nouvelle application facilite la consultation des offres, les pointages mensuels, et s’ouvre au public même non-demandeur d’emploi. « Cela évite les déplacements, le temps d’attente pour voir un conseiller, à terme les entreprises pourront également y créer leurs espaces pour consulter les candidatures : cela apportera une vraie amélioration » à l’horizon de la fin de l’année, commente la directrice adjointe de la Defe. « Notre objectif est vraiment de montrer que la Defe c’est toute une offre de services, de l’accompagnement, de l’information, pour créer du dynamisme économique et participer activement au développement du pays », conclut Cinthia Morizot. Les conseillers à l’emploi de la Defe, ex-prospecteurs-placiers, se recentrent logiquement sur leur mission de mise en relation des publics : 7 % des offres d’emploi proposées l’année dernière aux Calédoniens de la province Sud étaient issues de la prospection de la Defe. « On veut vraiment fidéliser les entreprises, être avec elles dans une relation de confiance, pour mieux les aider dans leurs besoins », termine Cinthia Morizot.

Cinthia Morizot, directrice adjointe de la Defe. Photo Thierry Perron

L’emploi, une problématique en pleine mutation

En 2018, près de 3 000 personnes ont trouvé un emploi via la Defe. Photo Thierry Perron

Le demandeur d’emploi type est une femme
Cinthia Morizot, directrice adjointe de la Defe, dresse le portrait-robot du demandeur d’emploi en 2019. «C’est une femme, entre 25 et 30 ans, ayant des freins à l’emploi importants, principalement d’origine sociale. Souvent, elle a la charge de la famille et des contraintes en termes d’horaires. Et c’est une femme qui est maintenant diplômée (bac à bac+2). La spécificité c’est vraiment celle-ci : de plus en plus de femmes diplômées, mais qui sont sorties du système scolaire depuis un moment. On voit nettement cette fracture entre la sortie d’études, la constitution d’une famille – parfois donc sans expérience professionnelle qui fait immédiatement suite à l’obtention des diplômes – puis ces femmes abordent le marché du travail. » En chiffres : 52% des demandeurs d’emploi sont des femmes. 70,3% d’entre elles ont plus de 26 ans et 29% n’ont aucun diplôme.

Le service emploi de la province Sud très sollicité
En 2018, le service emploi de la Defe de la province Sud a reçu 88 057 visites, pour 20 767 visiteurs uniques. Cette année-là, 4 057 personnes se sont inscrites en tant que demandeurs d’emploi. La province Sud concentre à elle seule 54% des demandeurs d’emploi du pays. Le nombre d’offres d’emploi disponible à la Defe s’élevait fin 2018 à 4 672, soit 12 % de moins qu’en 2017 (5 323). Cette même année 2018, 2 911 placements ont été réalisés et 61% des offres déposées par les entreprises ont été satisfaites. Sur l’ensemble de la Nouvelle-Calédonie, les services de placement ont comptabilisé l’année dernière 7 502 personnes à la recherche d’un emploi : 3 476 hommes et 4 026 femmes.

De plus en plus de femmes diplômées, longtemps absentes du marché du travail.

Le niveau d’études CAP/BEP est le plus concerné par la recherche d’emploi : 2 322 personnes. Mais 121 personnes de niveau scolaire bac+5 recherchaient aussi un emploi en 2018 (source IDCNC).

Vers une politique emploi optimisée
La Defe, comme la plupart des organismes de formation et d’insertion professionnelle, s’inscrit désormais dans le Réseau information, insertion, formation et emploi (RIIFE) formalisé par une charte l’année dernière, et dans le Groupement pour l’insertion et l’évolution professionnelle (GIEP-NC) né le 1er janvier 2019. «Avec cette mutualisation des moyens, un demandeur d’emploi va avoir à terme un seul référent qui aura une vision d’ensemble de son parcours, explique Cinthia Morizot, et qui fera des suggestions d’orientation qui aillent dans le sens d’une intégration pérenne sur le marché du travail. »

93 170.
C’est le nombre de personnes qui avaient un emploi salarié au 3e trimestre 2018 : 27 340 dans le secteur public et 65 830 dans le privé. Il y avait alors 11 739 employeurs (Isee NC).

5 680.
C’est le flux mensuel moyen de demandeurs d’emploi géré par la Defe, fin 2018, avec un taux de placement annuel de 44,37%. Un flux mensuel en baisse de 3,35% par rapport à 2017.

« Permettre aux étudiants partis de reprendre pied dans le monde économique calédonien. »
Cinthia Morizot, directrice adjointe de la Defe à propos du dispositif Vivaldi.

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