La pénurie de médecins dans les dispensaires s’aggrave, « Cafat / santé » NC1ère 20.05.2019

Certains dispensaires du Nord, notamment à Kouaoua et Kaala-Gomen, fonctionnent sans médecin même si les urgences et les soins infirmiers sont assurés. En cause, une nouvelle baisse du nombre de généralistes qui s’accentue au fil des ans.

Le phénomène concerne l’ensemble du territoire. Un manque croissant de médecins frappe le Caillou chaque année entre juin et septembre, période qui coïncide avec la saison estivale en France.

Des congés annuels pris souvent en même temps

Une situation inquiétante qui trouve son explication dans le faible nombre de candidats et dans les prises de congés annuels des médecins en poste, naturellement enclins à se rapprocher de leur famille pendant les vacances métropolitaines.

Un turn over important

A cela s’ajoute, la durée des contrats : la plage et le soleil ne suffissent plus à maintenir les médecins. Beaucoup d’entre eux viennent en Calédonie pour trois, quatre ou six mois. C’est le cas notamment dans les centres médicaux sociaux ou dispensaires du territoire, où le turn over est plus accentué, ce qui pousse les provinces Nord et Iles à mettre en place une organisation particulière.

La province Sud également touchée

Dans les structures de la province Sud, la situation est moins alarmante. La DPASS parvient à assurer ce service, avec en prime deux médecins itinérants. Mais le problème touche surtout les trois hôpitaux publics du territoire, y compris au CHT où plusieurs spécialités sont concernées avec un turn over tel que les médecins en poste se disent épuisés.

Le numerus clausus en cause

Cette pénurie de médecins n’est pas propre à la Calédonie. La problématique est nationale, voire mondiale. La faute notamment au numerus clausus, qui limite le nombre d’étudiants admis en deuxième année de médecine et qui pousse parfois les étudiants français à partir se former à l’étranger. Des discussions sont d’ailleurs en cours avec une agence régionale de la santé pour faire reconnaître ces diplômes localement, dans le droit fil de la Loi de Pays votée en février dernier. Preuve que le problème est pris à bras le corps par les différentes parties, des réflexions sont également engagées pour offrir plus d’avantages aux professionnels.

Une centaine d’étudiants calédoniens suit actuellement des études de médecine en Métropole. Autant de futurs médecins qu’il faudra convaincre de revenir sur le Caillou.

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