Une prise en charge du cancer plus pointue « Cafat/ santé », LNC 22.05.2019

Le professeur Pierre Honoré du CHU de Liège (à gauche) et le dr Vivien Latrasse de la clinique Kuindo-Magnin estiment à 80 par an le nombre de chirurgies de cancer du foie pratiquées en Calédonie.
Améliorer la prise en charge des patients, leur faire bénéficier de l’avis d’experts et de chirurgiens formés aux dernières techniques, tout en limitant le nombre d’Evasan : ce sont les objectifs de la convention qui lie la clinique Kuindo-Magnin à l’institut Gustace-Roussy de Villejuif.

«Ne pas être isolé et ne pas être dépendant » : c’est la philosophie qui soustend le partenariat qui s’est noué entre la clinique Kuindo-Magnin et l’Institut Gustave-Roussy (IGR) de

Villejuif, l’un des centres anti-cancer de référence en Europe. « La cancérologie est une médecine multidisciplinaire qui prend en compte diverses spécialités. Oncologue, chirurgien, biologiste, radiologiste… C’est l’ensemble des préconisations de ces spécialistes qui va permettre d’élaborer une démarche thérapeutique pour chaque patient, explique Loïc Frétard, directeur d’exploitation de la clinique de Nouville. Ce qui pouvait nous manquer, comme nous sommes un petit territoire, ce sont des experts sur certains cas très pointus. Grâce à cette convention, en cours de finalisation, un patient traité à Nouméa pourra bénéficier à distance de l’expertise de l’IGR. Et s’il s’avère nécessaire de l’évasaner, il ira à Villejuif, où il n’arrivera pas comme un inconnu, puisque l’équipe aura déjà suivi son dossier et participé à l’élaboration de sa prise en charge. »

TRANSFERT DE COMPÉTENCES

Le second volet de ce partenariat est le transfert de compétences. C’est dans ce cadre que le professeur Pierre Honoré, du CHU de Liège et collaborateur de l’IGR, a fait le déplacement pour apporter son expertise sur le cancer du foie. « La chirurgie hépatique est une chirurgie complexe qui demande un travail d’équipe et de coordination sans faille, notamment avec les anesthésistes et les radiologistes interventionnels. On ne doit pas disperser cette chirurgie dans des mains inexpérimentées » , insiste le spécialiste. Une haute technicité qui demande donc une pratique régulière. La question de la taille critique de la Calédonie pouvait donc se poser. Pour le professeur Honoré, la réponse est sans ambiguïté : « C’est clairement oui, il y a la place pour un centre expert. » Car c’est malheureusement un fait : « Les cancers hépatiques vont augmenter au cours de ces prochaines années. Si la vaccination a permis de faire chuter le nombre de cancers liés à l’hépatite B, le relais va être pris par la stéatose hépatique » , souligne le professeur Honoré. Cette maladie, sans rapport avec la consommation d’alcool, se caractérise par un excès de graisse dans le foie et est fréquemment liée à l’obésité. Autre paramètre : « De plus en plus de patients sont admissibles à la chirurgie grâce au développement de la chimiothérapie qui est de plus en plus efficace », souligne Dr Vivien Latrasse, chirurgien viscéral et digestif à la clinique. Alors que ce partenariat a également facilité l’arrivée en juillet prochain d’un second oncologue sur le territoire pour trois ans (1), le professeur Honoré se tourne déjà vers de nouvelles pistes de développement : « La prochaine étape dans tous les centres est de peaufiner encore les techniques pour arriver à la voie mini-invasive pour encore améliorer la prise en charge des patients. »

(1) Pour le moment, la Calédonie ne compte qu’un seul oncologue basé à Kuindo-Magnin. Par convention avec le CHT, qui cherche à en recruter un, c’est donc l’équipe de Nouville qui prend en charge l’oncologie du territoire jusqu’à la fin de l’année.

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