La retraite à 62 ans, seule solution pour sauver la CLR ? « Cafat / régimes » LNC 23.05.2019

Les représentants des retraités viennent d’être élus au conseil d’administration de la Caisse locale des retraites. Les enjeux sont primordiaux pour un système « au bord du gouffre ».

L’enjeu de cette prochaine mandature sera d’éviter que la Caisse ne sombre. Décaler l’âge de la retraite semble, d’après le syndicat des retraités, inéluctable.
Le résultat du vote des 4 292 retraités de la fonction publique de Nouvelle-Calédonie pour élire les représentants des retraités au sein du conseil d’administration de la CLR (Caisse locale de retraites) est connu. Le Syndicat des retraités récolte deux sièges, tandis que la Fédération des fonctionnaires en obtient un. Tous trois représenteront les retraités au sein d’un conseil composé de vingt-deux membres. « Il est important qu’ils fassent entendre leur voix à travers leurs représentants, notamment dans le contexte de réformes : que ce soit sur les niveaux de ponction, sur l’allongement de l’âge de départ à la retraite, sur la baisse du pouvoir d’achat… », prévenait il y a un mois la directrice de la caisse, Betty Audié. Car les enjeux sont de taille.

AU BORD DU GOUFFRE

« Ces élections ont lieu tous les trois ans depuis 1998 et nous sommes le seul syndicat à avoir gagné le plus de voix à chaque élection » , précise d’emblée Dominique Frontier, secrétaire général du Syndicat des retraités. Ce qui en fait forcément un interlocuteur privilégié. Et son constat est sans appel : « Nous sommes au bord du gouffre. En janvier 2000, la caisse avait une réserve de 28 milliards. On est passé à 18 milliards en 2007, à 10,6 en 2015 et à présent, il n’y a plus que 8 milliards alors que nous payons jusqu’à 15 milliards de prestations par an. Nous sommes déficitaires. »

A ses yeux cette nouvelle mandature sera déterminante. Pour sauver cette caisse, « nous devons d’ores et déjà balayer l’hypothèse d’augmenter les cotisations des collectivités. Elles sont déjà prises à la gorge. Nous nous acheminons vers un départ à la retraite repoussé à l’âge de 62 ans. Je ne vois guère d’autre solution. » Afin de ne plus perdre d’argent, à défaut d’en gagner, le conseil d’administration de la CLR avait déjà opté, en avril 2018, pour une majoration des taux d’abattement sur les pensions en cas de départ anticipé. « Afin que ce choix individuel ne soit pas financé par la communauté des affiliés, des abattements sont mis en oeuvre de sorte que le coût représenté par l’anticipation du départ soit mis à la charge de l’affilié qui bénéficie de cette anticipation » , avait expliqué le conseil d’administration de la CLR en avril 2018. Depuis, le gouvernement a adopté un arrêté dans ce sens.

« Cette mesure, qui aurait pourtant pu être contraignante pour certains, n’a pas empêché les départs à la retraite anticipés, observe Dominique Frontier. Aucun effet n’a été observé. Il y a de plus en plus de retraités et pas assez d’actifs. » La prochaine réunion du conseil d’administration aura lieu après l’installation du nouveau gouvernement.

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