Qui fait ses cartons après les élections ? LNC 31.05.2019 « Cafat/Institutions »

Déménagement des cabinets dans les couloirs de la province, trois jours après l’élection de la nouvelle présidente. Photo Thierry Perron
Politique. Le changement des équipes dirigeantes dans les provinces, et bientôt au gouvernement, implique le départ de nombreux collaborateurs de cabinet mais ne touche théoriquement pas l’administration.
Le Congrès va entamer la semaine prochaine le processus d’élection d’un nouveau gouvernement. Et après la Maison bleue ces derniers jours, ce sera de l’autre côté de la rue des Artifices que certains feront leurs cartons. Mais attention pas de déménagement général : « Seuls sont concernés par le changement de mandature les collaborateurs de cabinet », explique le gouvernement. Ces collaborateurs, choisis par les élus pour les épauler dans le volet politique de leur mission, étaient au nombre de 57 au gouvernement fin 2015*, après une réduction d’effectif qui avaient engendré des tensions entre partis. Leur contrat s’arrête le jour de l’élection du président, qui peut intervenir, sans blocage politique, dès le 13 juin. Certains élus pourraient conserver leur portefeuille et pourront alors renouveler leurs collaborateurs. Les autres seront réintégrés dans l’administration s’ils sont fonctionnaires. Les contractuels, eux, se retrouveront sur le marché du travail avec, s’ils ne sont pas « recasés » dans le public sous deux mois, une indemnisation de fin de fonction (un mois pour un an d’activité) et un droit au chômage.

Les postes fonctionnels, cas particuliers
À la province Sud, on précise que certains postes dits « fonctionnels » de l’administration, parce qu’ils nécessitent un « lien de confiance particulier » avec les élus, peuvent aussi être repourvus par la nouvelle équipe. C’est le cas, notamment, du secrétaire général et de certains postes de direction. « Là, ça se fait au cas par cas, mais les fonctionnaires en question sont normalement remis à disposition de l’administration », précise un élu de l’Avenir en confiance qui assure que le nouvel exécutif provincial « ne va pas se lancer dans un grand ménage ». Par principe, tous les autres postes de l’administration « ne sont pas tributaires du calendrier électoral ». Mais visiblement, certains se prémunissent contre toute mauvaise surprise : « Comme d’habitude, il y a eu du mouvement juste avant les élections », note un syndicaliste qui a observé « beaucoup de mutations, notamment au Nord », dans les derniers mois avant les provinciales.

* Dont dix à mi-temps, pour une masse salariale totale de 43,8 millions de francs.

Dix-neuf établissements publics paralysés
C’est l’autre conséquence de l’élection. Le 17 mai, avec l’installation des assemblées de province, les mandats des administrateurs de tous les établissements publics de la Nouvelle-Calédonie ont expiré, à l’exception de ceux des hôpitaux et des chambres consulaires. ADCK, CLR, Agence Rurale, bibliothèque Bernheim, Ocef, OPT ou Port autonome… Au total, 19 établissements n’ont depuis ni président ni conseil d’administration. Et ce jusqu’à ce que les membres du prochain gouvernement soient élus et s’entendent pour nommer des administrateurs. Autant dire que les jeux de pouvoir actuels inquiètent sérieusement certaines directions. Et même au-delà. À la Cafat, on rappelle par exemple que l’Agence sanitaire et sociale (ASS), qui est concernée, débloque régulièrement des fonds pour tenir à flot le Ruamm. Impossible sans administrateurs. Mais les comptes sont clairs : le régime ne tiendra pas au-delà de juillet sans subvention.

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