« La Calédonie a le droit d’avoir une justice à sa hauteur » LNC 04.06.2019

La section fonction publique de l’Usoenc a manifesté, hier, devant l’entrée du palais de justice pour réclamer davantage d’emplois locaux dans les rangs, notamment, des fonctionnaires de greffe.

L’Usoenc a manifesté toute la matinée d’hier devant l’entrée du palais de justice de Nouméa.
Ambiance bon enfant et distribution de tracts devant le palais de justice de Nouméa. Hier matin, le Soenc Fonction publique* s’est mobilisé pour réclamer davantage d’emplois locaux, en particulier pour les postes d’adjoint administratif et technique dans les services de greffe. Un « mouvement d’humeur » , donc, pour « interpeller les justiciables » et le personnel de justice sur la situation : « la Calédonie a le droit d’avoir une justice à sa hauteur. Aujourd’hui, ce n’est pas le cas, la juridiction devient instable » , introduit Margaret Haeweng, adjointe administrative.

ON NE DEMANDE PAS UN RECRUTEMENT COCOTIER

Rappelant que le dernier concours délocalisé sur le territoire remonte à 2005, le Soenc Fonction publique regrette l’embauche de Métropolitains et déplore vivement que « moins d’un fonctionnaire sur deux soit dit “résident”, c’est-à-dire ayant ses centres d’intérêt matériels et moraux en Calédonie » . « Cela fait 14 ans qu’il n’y a pas eu de recrutement local. On ne peut pas proposer une justice dans laquelle les gens ne peuvent pas se retrouver. Il y a des particularités, des spécificités ici. Il faut que ça se ressente dans les services des tribunaux » , insiste encore Margaret Haeweng. Frédéric Delaporte, responsable de la section du tribunal de première instance au Soenc, prend la parole à son tour. Selon lui, « sur les 27 agents de catégorie C passés par le concours délocalisé de 2005, quinze ont passé l’examen de catégorie B devenant ainsi greffier, et une candidate vient de réussir le concours de directrice de greffe. Cela prouve que ces agents ont su évoluer, laissant désormais la place à un nouveau recrutement local que l’on appelle de nos voeux » . Et ainsi aboutir à une « calédonisation » de la justice ? « Je n’utiliserais pas le terme calédonisation, rectifie Margaret Haeweng. Je préfère parler de fonctionnaire résident pour ne pas stigmatiser une partie de la population. On est là, en revanche, pour dire que les autorités ont fait avancer les choses pour avoir plus de policiers dans les rues, plus de surveillants au Camp-Est, maintenant, il faut avoir plus de fonctionnaires dans les greffes. » Autre argument soulevé : la mobilité des fonctionnaires « représente un facteur de déséquilibre au sein des instances » qui ne permettrait pas, à entendre le Soenc Fonction publique, « de travailler dans de bonnes conditions » . « Un fonctionnaire résident aura tout intérêt à prendre soin de son outil de travail que représente la juridiction. Il y a un vivier local compétent et désireux. On ne demande pas un recrutement cocotier » , poursuit Margaret Haeweng. Frédéric Delaporte l’assure, « nous sommes appuyés par les chefs de juridiction. Mais la Chancellerie ne suit pas… » . Le dernier mot revient, en effet, au ministère de la Justice.

* Le Soenc Fonction publique est une section de l’Union des syndicats des ouvriers et employés de Nouvelle-Calédonie (USOENC).

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