La recrudescence des conflits sociaux se confirme LNC 05.06.2019

Dans son étude sur les relations sociales en 2018, la DTE observe, comme l’année précédente, une hausse du nombre de grèves dans le secteur privé.

L’Usoenc (30 %), l’USTKE et FO concentrent la majorité des cahiers de revendications.
Moins de cahiers de revendications, mais davantage de conflits. C’est ce qu’observe la Direction du travail et de l’emploi (DTE) dans son bilan annuel des relations sociales dans le secteur privé. L’étude, qui porte sur 2018, estime à 111 le nombre de cahiers déposés dans les entreprises dans l’année. Un peu moins que l’année précédente, certes, mais plus des deux tiers d’entre eux étaient accompagnés d’un préavis de grève, une proportion en nette augmentation.

Et même s’il ne s’agit souvent que de déclencher des négociations, beaucoup de mouvements ont suivi. 39 protocoles de fin de conflit ont été enregistrés par la DTE en 2018 : c’est seulement une petite partie de la conflictualité, mais le chiffre reste un indicateur important : il a augmenté de 18 % par rapport à 2017, et a presque doublé depuis 2015. Le décompte des jours de grève confirme la tendance : 4 443 journées ont été « perdues » par les grévistes en 2018, soit 19 % de plus que l’année précédente. Aucun doute : « Après une phase de stabilisation de trois ans des re

lations sociales dans le secteur privé, la hausse constatée en 2017 se confirme pour 2018 » , écrit la DTE qui observe, entre autres tendances, « la volonté des syndicats de discuter directement avec les actionnaires en lieu et place des directions » .

TENSIONS ÉCONOMIQUES

Si le commerce concentre toujours la moitié des cahiers de revendications, principalement dans les grosses structures, le BTP et l’hôtellerie se taillent une part de plus en plus importante. Pas de mystère « les tensions économiques sont en cause » estiment en choeur le patronat et les syndicats. Mais, on ne partage pas le reste de l’analyse. « Les patrons ont tendance à être plus durs sur les relations sociales, et notamment sur les licenciements pour faute, pointe Milo Poniewa, le chef de file de l’Usoenc. Or, il y a des règles. On est obligé d’intervenir sur de plus en plus de conflits individuels » . Comme d’autres, il pointe la lenteur des procédures devant le tribunal du travail, « qui poussent parfois à aller au conflit » . Du côté du Medef, qui a dû animer de nouvelles formations à la prévention et la gestion des conflits sociaux ces dernières années, on reconnaît une moindre tolérance « sur les questions de sécurité, d’alcool ou de cannabis ». Mais on assure que « les procédures sont respectées avec attention » concernant les licenciements. Et on pointe, à l’inverse, un durcissement de la ligne de certains syndicats devant « la tension du marché du travail » , « notamment sur la question de l’emploi local » .

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