Le pavé dans la mare de Milakulo Tukumuli LNC 08.06.2019

L’Eveil océanien a rendu public, hier, un train de mesures destinées à relancer l’économie. Et à servir de base de négociation en vue de la formation du futur gouvernement.

La formation de Milakulo Tukumuli a voulu se placer au centre de l’échiquier politique en rendant public ce qui ressemble à un programme de gouvernement.
dans les dernières heures avant le dépôt des listes (hier minuit), la formation de Milakulo Tukumuli a tout fait pour attirer les regards. Hier matin, l’Eveil océanien a rendu public son « projet de plateforme économique et sociale » intitulé « New Deal calédonien », qui comprend dix points « indissociables » . Autrement dit, rien de moins qu’un programme de gouvernement. Une manière de se placer au centre du jeu politique territorial, alors que la liste est issue de la seule province Sud.

Le but de ces dix mesures ? Relancer l’économie, « extirper tous les Calédoniens de la précarité et tirer la classe moyenne vers un mieux-être et un mieux-vivre » . Milakulo Tukumuli reste dans sa droite ligne, lui qui répète à l’envi qu’il ne négocie pas des postes mais un programme.

PROGRAMME ULTRALIBÉRAL

Reste que la diffusion de ce « New Deal calédonien » est intervenue avant le sprint final des négociations entre les différentes formations politiques destinées à constituer le prochain gouvernement. Impossible de ne pas y voir une volonté de peser dans ces discussions. Car avec ses trois élus au Congrès, l’Eveil océanien avait les moyens de faire pencher la balance du gouvernement d’un côté ou de l’autre : le camp indépendantiste compte 25 élus, les indépendantistes 26.

Au-delà du caractère réaliste, ou pas, de certaines mesures et de leur financement (l’augmentation immédiate de 10 % du SMG), ce « programme de gouvernement » à la tonalité libérale très affirmée est plutôt « AEC-compatible » plutôt que susceptible de plaire au camp indépendantiste. Exemple ? La suppression totale de toutes les mesures d’interdiction et de quotas (mesure 5, voir par ailleurs), ou la suppression, par une loi de pays, de « tous les monopoles publics ou privés » (mesure 6). L’Eveil océanien n’oublie pas de décliner l’une des antiennes de sa campagne : une mesure censée permettre aux Océaniens l’accès aux fruits de la croissance par la création d’un statut de l’auto-entrepreneur. Il permettrait à tout artisan de « travailler à son compte, quand il veut et sans contraintes ni menaces de la Cafat» par la simplification radicale des contraintes administratives, qui libérerait « de nombreux soucis pour les petites entreprises, dans l’esprit des Mélanésiens et des Océaniens » .

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