La SLN enregistre une perte de près de 11 milliards de francs pour l’année 2018 LNC 12.06.2019

NICKEL . Le rapport d’activité 2018 de la SLN a été rendu public, hier. La filiale d’Eramet est endettée à plus de 40 milliards de francs et sa production a baissé l’année dernière. En cause, selon la SLN : le prix mondial du nickel et les blocages à Koua
Les Nouvelles Caledoniennes12 Jun 2019Sarah Maquet

Le temps reste compté pour la SLN. Le cri d’alarme lancé début avril par Christel Bories, PDG du groupe Eramet, résonne toujours alors que sa filiale SLN présente son bilan 2018. « Cette année a été une année difficile, explique Dominique Katrawa, président du conseil d’administration de la SLN, dans l’éditorial du rapport d’activité, [..] marquée par une nouvelle contre-performance économique ». La SLN a enregistré 10,7 milliards de francs de pertes l’année dernière et continue, en ce début d’année 2019, à perdre environ 1 milliard par mois. L’endettement net de l’entreprise, encore bénéficiaire en 2014, enregistre plus de 40,6 milliards de francs.

LE PRÊT ERAMET ETAT DE 63 MILLIARDS BIENTÔT ÉPUISÉ

En juillet 2016, la SLN a contracté un prêt sur huit ans de 63 milliards auprès d’Eramet et de l’Etat. De l’argent qui n’assurera pas la survie de la SLN jusqu’en 2024. « Il reste 13 milliards à peu près en caisse » , confiait, dans une interview aux Nouvelles (édition du 11 juin), Dominique Katrawa. Le président espère que cet argent assurera tout de même la survie de la SLN jusqu’à la mi-2020, sans écarter la possibilité que les 13 milliards soient consommés entièrement en 2019. En cause, selon l’entreprise : « la faiblesse des cours du nickel [qui a] déjà généré plus de 110 milliards de francs de pertes à la SLN au cours des sept derniers exercices » . Un cours mondial fixé par le London Metal Exchange en dollars US par livre ($/lb), soit 0,45 kg. Il a été, en moyenne, de 5,95 $/lb en 2018, un peu mieux que les deux années précédentes (respectivement 4,36 et 4,72 $/lb) mais loin du prix moyen de 2014, alors de 7,65 $/lb. Face à ces cours, l’objectif principal de la SLN est de baisser le cash-cost (coût de production réel) de sa production minière. A 4,90 dollars US la livre de nickel en 2017, il est passé, fin 2018, à 5,80 dollars. L’objectif, aujourd’hui, pour la SLN, est de ramener ce cash-cost à 4,50 $/lb en 2021.

BEAUCOUP D’ESPOIR DANS LE PLAN DE SAUVETAGE

Le rapport d’activité détaille les économies envisagées pour chacun des trois leviers que compte le plan de sauvetage 2019-2021 de l’entreprise. Le premier volet du plan concerne le renforcement des exportations. Ainsi, 4 millions de tonnes humides de minerai par an (non valorisables économiquement sur place) seront exportées. Le gain sur le cash-cost de cette baisse de la production export est estimé à 0,60 dollar US la livre. Le deuxième volet du plan de sauvetage concerne le temps de travail. Le nouveau régime horaire sur les mines est de 147 heures ( ce qui a valu à la SLN une grève de trois mois à Thio). Gain estimé sur le prix du cash-cost : -0,45 $/lb . Le troisième levier du plan, qui permettrait d’économiser 0,25 $/lb est encore à mettre en place. La SLN souhaite que le nouveau gouvernement baisse le prix de l’énergie, aujourd’hui fixé à 16 francs le kilowattheure (hydroélectricité de Yaté). Reste à voir si le plan, une fois mis en place, permettra à la SLN de mettre fin à ses sept années consécutives de pertes économiques. « J’ai foi en l’avenir », conclut, dans le rapport, Dominique Katrawa. La SLN emploie 1895 salariés (84 de moins qu’en 2017 et 267 de moins qu’en 2014).

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