Vers un blocage des institutions calédoniennes ? NC1ère 12.06.2019

Ce jeudi, l’élection des onze membres du 16e gouvernement de Nouvelle-Calédonie devrait se dérouler sans surprise. Mais faute de majorité et d’accord entre les différentes composantes politiques, le choix d’un président à la tête de l’institution semble impossible.

La composition probable du 16e gouvernement de Nouvelle-Calédonie © NC la 1ère
© NC LA 1ÈRE La composition probable du 16e gouvernement de Nouvelle-Calédonie
Par Angela Palmieri
Publié le 12/06/2019 à 21:16
5, 3, 2, 1…
Cinq élus de l’ Avenir en confiance,( Thierry Santa, Christophe Gygès, Isabelle Champmoreau, Yoann Lecourieux et Vaimu’a Muliava), trois de l’Union Calédonienne ( Gilbert Tyuienon, Didier Poadjaliwane etJean-Louis d’Anglebermes), deux membres du gouvernement sortis des rangs du Palika ( Jean-Pierre Djaiwé et Valentine Eurisouké) et un élu de Calédonie Ensemble ( Philippe Germain), c’est la composition probable du futur gouvernement de Nouvelle-Calédonie qui devrait naître du vote des 54 élus du Congrès ce jeudi matin.

Prochain gouvernement : le détail des quatre listes Prochain gouvernement : le détail des quatre listes

Nicolas Metzdorf vote contre les indépendantistes
Après son alliance avec l’Eveil Océanien, l’Avenir en confiance peut donc aussi désormais compter officiellement sur le vote de Nicolas Metzdorf, le démissionnaire de Calédonie Ensemble a en effet annoncé clairement son choix . Selon Nicolas Metzdorf, voter pour la liste d’entente de l’Avenir en confiance avec l’Eveil océanien est le « seul et unique moyen de sécuriser une majorité non-indépendantiste au gouvernement ». L’élu non inscrit du Congrès explique « qu’il ne s’agit pas d’un vote d’adhésion ou d’un ralliement…mais d’un vote de raison répondant à la volonté majoritairement exprimée le 12 mai dernier par les Calédoniens en faveur de listes non-indépendantistes »…

 

Une union sacrée provisoire?
L’absence d’une liste commune FLNKS a ouvert le champ de toutes les possibilités en terme d’alliances. Au point que les rumeurs, fondées ou non, ont contraint le groupe UC –FLNKS et Nationalistes du Congrès à rappeler les fondamentaux de la pensée indépendantiste. Ce mercredi, le groupe UC-FLNKS et Nationaliste a en effet démenti tout accord passé avec l’Avenir en confiance ou Calédonie ensemble pour la présidence et la vice-présidence du nouvel exécutif. « Les membres du futur gouvernement issus de la liste du groupe UC-FLNKS et Nationalistes s’engageront dans un front solidaire FLNKS, et aucune négociation, ni accord n’ont été faits ni trouvés avec une quelconque force politique en présence, autre qu’indépendantiste », a notamment affirmé le président du groupe, Pierre-Channel Tutugoro.

Cet éclaircissement au nom de l’unité indépendantiste a été rendu public par le groupe UC-FLNKS et nationalistes quelques heures avant la séance plénière de l’assemblée de la Province Nord. Mais cela n’a pas pour autant inciter le Palika à jouer la carte du partage des responsabilités, puisque les colistiers UNI de Paul Néaoutyine président depuis ce mercredi 8 des dix commissions de la Province Nord.
Dans ce contexte, une remise en cause dans les prochaines semaines de l’union sacrée indépendantiste reste donc une possibilité…
Toujours dans les rangs indépendantistes, Louis Kotra Uregei, qui ne fait partie d’aucun groupe du Congrès, nous a confié qu’il réserve sa décision jusqu’au moment du vote. Mais la tendance de l’élu du Parti Travailliste serait de ne pas s’abstenir et de donner sa voix au camp indépendantiste, mais sous certaines conditions…

Ni l’un ni l’autre pour Calédonie Ensemble

Calédonie Ensemble ne soutiendra pas l’élection d’un président indépendantiste, tout en n’offrant pas sa voix pour permettre à Thierry Santa de l’Avenir en confiance d’être président. Une position ferme « sauf à remettre totalement à plat [le] partage de responsabilités qui ignore la deuxième force politique non indépendantiste du pays.. ». Sans gros geste d’ouverture de la part de l’Avenir en confiance à l’égard de Calédonie Ensemble au gouvernement, mais aussi et surtout à la Province Sud, avec par exemple l’octroi d’une vice-présidence, il semble en effet qu’il sera impossible de faire changer le positionnement actuel du parti de Philippe Gomès.

Un premier pas de l’Avenir en confiance?

La prise de position de Calédonie Ensemble a bien sûr été commentée par l’Avenir en confiance qui « prend acte  » du choix de Calédonie Ensemble, mais tout en faisant un premier geste d’ouverture au moins dans le verbe… Puisque contrairement à son premier communiqué publié au lendemain de la prise en main du Congrès par le FLNKS, l’Avenir en confiance relance son appel pour la constitution d’un nouveau gouvernement dans les meilleurs délais, mais en s’adressant cette fois à « l’ensemble des forces politiques calédoniennes »…

Vers un blocage des institutions?

Ce jeudi à 9h s’ouvrira donc une séance du congrès qui risque fortement de marquer le début d’une ère de paralysie des institutions calédoniennes. En effet, si l’élection des onze membres du gouvernement se présente comme étant une formalité, la réunion à huis clos des nouveaux élus avec le Haut-commissaire risque elle fortement de tourner court…Sans accord avec soit un groupe du camp indépendantiste ou avec Calédonie Ensemble, l’accession de Thierry Santa de l’Avenir en confiance à la présidence du gouvernement se présente comme une mission impossible. Sauf bouleversement de dernière minute, l’élection du président de l’institution devrait donc être reportée à une date ultérieure, afin de permettre aux uns et aux autres de tenter de trouver un accord pour éviter de faire perdurer le blocage institutionnel.

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